Glutamine

La L-glutamine est l’acide aminé le plus abondant dans le sang et les muscles. Cet acide aminé sert, entre autres, à la fabrication de la glucosamine endogène qui, à son tour, participe à la réparation des cartilages et tendons. De plus, il joue un rôle dans la synthèse de diverses protéines, la protection immunitaire, le maintien de l’intégrité de la paroi intestinale et l’équilibre acido-basique de l’organisme.

Le principal client du supplément de glutamine est le sportif qui l’utilise dans le but d’augmenter l’énergie durant l’entraînement, d’améliorer la récupération après l’exercice et de minimiser l’impact de l’exercice intense sur le système immunitaire. Malgré des données scientifiques incomplètes, on peut affirmer que ces effets sont au rendez-vous:

· La glutamine diminue la fatigue musculaire durant l’entraînement par son effet sur le transport de l’énergie;

  • Elle favorise la récupération après l’exercice intense;
  • Elle diminue l’impact négatif de l’exercice intense sur le système immunitaire.(1)

Par contre, rien dans la documentation ne laisse supposer un effet ergogénique: la glutamine n’améliore pas la performance.

Lors d’un stress physiologique extrême, tel que des brûlures graves, des traumatismes importants, certaines interventions chirurgicales ou un surentraînement, la capacité de l’organisme à produire de la glutamine est affaiblie et l’individu devient alors la cible d’infections diverses.

Lors d’un exercice intense ou d’un entraînement rigoureux, la respiration cellulaire s’accroît, augmentant la production de radicaux libres. Cette surcharge de radicaux libres entraîne un épuisement des antioxydants endogènes comme la glutathion peroxydase. Normalement, le repos et l’alimentation renouvellent les stocks d’enzymes antioxydantes.

Un programme régulier d’exercices mène généralement à une augmentation des défenses immunitaires. Une atteinte immunologique peut survenir lorsqu’il y a dépassement des capacités de l’organisme quant à sa reconstruction et à sa résistance au stress, comme dans le surentraînement. Le surentraînement peut donc provoquer un épuisement qui peut être aggravé par plusieurs facteurs dont, principalement, le taux de stress général de l’individu. Ainsi, des symptômes de surentraînement peuvent apparaître chez un individu qui suit un programme d’exercices relativement léger, mais qui subit des stress importants dans sa vie de tous les jours. Les symptômes de surentraînement ou d’épuisement sont des rhumes fréquents, une fatigue inexpliquée ou encore un sommeil moins réparateur. Ces symptômes sont non spécifiques mais sont contraires à l’amélioration de la vitalité qu’on pourrait attendre d’un programme d’exercices.

Des recherches ont évalué la capacité de la glutamine à diminuer l’atteinte immunologique due au surentraînement. Plusieurs recherches montrent un effet significatif,(2) mais l’unanimité ne règne pas. L’explication de cette controverse est simple. En effet, la glutamine, tout utile qu’elle soit, n’est pas efficace si certains autres nutriments spécifiques manquent à l’appel.

Les outils pour réduire l’épuisement dû au surentraînement sont nombreux. Cependant, aucun ne garantit 100% de résultats parce que chacun d’entre eux joue un rôle différent et nécessaire dans ce système complexe qu’est le corps humain.

· La glutamine est utile par son rôle de transporteur d’énergie dans le muscle, sa fonction d’agent réparateur et son activité dans la synthèse du glutathion.(1)

· Un juste apport de protéines est vital parce que l’exercice intense pousse le corps dans une phase de catabolisme (destruction cellulaire). Le corps utilise alors ses protéines de structure pour fabriquer de l’énergie. Par exemple, lors des derniers kilomètres de course, les marathoniens n’ont plus de graisse à utiliser et dégradent donc les protéines de leurs muscles. Pour reconstruire ce qui a été détruit, les marathoniens doivent consommer une grande quantité de protéines, sinon la récupération n’est pas possible. Certains auteurs suggèrent des apports de protéines qui peuvent atteindre 2g par kilo par jour, ce qui correspond à plus du double de la consommation normale recommandée (0.80g/kg/jour).(3)

· Un apport important d’antioxydants permet de capter les radicaux libres avant qu’ils ne causent des dommages. La formule idéale d’antioxydants contient une combinaison de plusieurs substances (vit. C, vit E, carotènes, etc.). Pris sur une longue période, les antioxydants diminuent les marqueurs de détérioration cellulaire.(4,5)

· Un apport de tous les autres micronutriments comme les oligo-éléments (zinc, magnésium, manganèse, sélénium, etc.) et les vitamines permet de parer aux carences qui pourraient entraver le bon fonctionnement des différents systèmes du corps.

Les recherches suggèrent de prendre la glutamine après l’entraînement. Par contre, pour bénéficier de son effet sur le transport de l’énergie et donc diminuer la fatigue musculaire durant l’entraînement, il serait utile de la prendre environ avant 1 heure avant.

La diète normale fournit environ 5 à 10g de glutamine par jour. La glutamine est également présente comme acide aminé dans les suppléments protéiques. Par contre, la glutamine provenant de la diète ou des suppléments de protéines ne semble pas apporter autant de bénéfices qu’un apport additionnel de glutamine isolée.(6) La dose recommandée varie, en fonction de l’intensité du sport, de 5 à 10g par jour en plus de la diète. Selon certains auteurs, on peut considérer en prendre jusqu’à 20g par jour.

En bref, la plupart des sportifs de haut niveau peuvent bénéficier des effets de la glutamine puisque le surentraînement peut survenir dans toutes les disciplines. Pour diminuer les effets néfastes du surentraînement et maximiser les effets de l’entraînement, des apports considérables de nutriments spécifiques (vitamines et minéraux) sont aussi nécessaires. Ces nutriments favorisent la récupération, mais n’ont cependant aucun effet d’accroissement de la performance.

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